Note de programme du concert du 23 mai 2018 avec la pianiste Natasha Roqué-Alsina

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Léo Marillier

Léo Marillier, violoniste et directeur artistique de Fest'inventio 2016 "Transatlantique"

«A creative, thinking musician, Marillier is surely destined to become major artist of our time »,  Léo Marillier a joué comme soliste dès l’âge de 13 ans avec l’Orchestre Symphonique de Vienne, Danish National Youth Orchestra, LOH Orchestra, Klaipeda Chamber Orchestra, Eureka Orchestra en Allemagne, France, Danemark, Lituanie et il interprète le Concerto de Tchaïkovski avec  l'Orchestre Symphonique InterUniversitaire de Paris en 2015. A son actif, de nombreux récitals à Jordan Hall, la Sorbonne, Lincoln Center,  l’Oratoire du Louvre, Gyeonggi Arts Center, Utopia Hall, Auditorium Rostropovitch…  Invité régulier du Festival de Musique des Arcs, il joue aussi en récital lors du Festival de Menton, Festivalia, les Etés d’Hanneucourt, Noctunes de la Chartreuse de Mélan, Les Amis du Château de la Motte-Tilly, Festival des Ateliers Artistiques de l’UPMC, concerts Inventio… Sélectionné pour jouer sous la direction de Charles Dutoit, il rejoint le Boston Philharmonic Youth Orchestra sous la direction de Benjamin Zander en 2013. Premier Prix et Prix spécial Mozart 8ème Concours Dvarionas, Prix d’Honneur Concours Bellan, Premier Prix Concours Marschner, et lauréat Concours Tchaïkovski (junior), FIF puis de Mécénat Musical Société Générale, il est soutenu depuis 2014 par la Fondation franco-américaine Florence Gould. Se perfectionnant actuellement auprès de Miriam Fried, Midori et Mihaela Martin au New England Conservatory, il a d’abord intégré à 15 ans le CNSMDP dans la classe d’Alexis Galpérine d’où il est sorti en 2013, premier nommé de sa promotion puis a obtenu son Master au NEC avec les meilleures récompenses. Invité  grâce à un full merit award par le Festival Aspen 2016, le Starling DeLay Julliard Symposium , l’Académie de Villecroze, Crans Montana Classics, Interlaken Classics, le Festival de Radio-France, l’Académie de Lausanne,  il joue notamment en 2014 au Centre National des Arts d’Ottawa et au Banff Centre où il interprète le double concerto de Bach. Il reçoit régulièrement des conseils de Stephane Tran Ngoc et travaille avec S. Rosenberg,, P. Zukerman, J.J. Kantorow, S. Mintz, Z.  Bron, Renaud Capuçon, V. Danchenko, S. Rosenberg et P. Amoyal. Léo compose et édité chez Delatour. Son premier disque « Fantaisies d’Opéra » paru en 2014 rassemble certaines de ses transcriptions, jouées au Club de Harvard. 

Léo Marillier joue actuellement un violon Juliette Marillier fait à Milan, 2013 et un archet prêté par l’atelier Raffin, 


Note de programme du concert du 23 mai 2018

Isentropique ? La capacité d'un message à se conserver, à se renouveler et se développer dans des environnements musicaux successifs. Les œuvres choisies sont particulièrement significatives à cet égard. Chacune d’entre elles s’empare d’une seule idée musicale et la projette dans l’espace sonore selon une construction inventive, atypique. Cette dialectique s'inscrit dans un désir de libérer la musique de ses contingences socio-historiques, de son inspiration dite populaire ou exotique. 

 

La sonate pour violon et piano en sol mineur de Debussy est une œuvre où la concision s’exprime avec une virtuosité extrême, se jouant de toutes les manières dont on peut répéter un thème pour avancer, avec un luxe de nuances inégalé.

 

Sonate n°3 en la mineur pour piano de Serge Prokofiev. Cette œuvre fait preuve d’une « passion sérieuse »  et de contrastes haletants. Cependant, cette floraison d’émotions ne se fait pas au détriment de la progression des sentiments, de d’un grand soin aux transitions, se démarquant en cela d’une approche de catalogue.

 

La sonate d’Ysaÿe 1 pour violon seul fait également partie de cette esthétique. En effet, le contrepoint, squelette de cette sonate, propose une rhétorique qui permet un développement rigoureux d’émotions propre à chaque mouvement. D’un point de vue plus historique, à la charnière du 19ème et 20ème siècle s’opère une nécessité. Face à la densification généralisée du discours musical de l’époque, Ysaÿe propose de revenir à Bach pour pouvoir donner une conscience de l’oeuvre d’où les émotions jaillissent. Dédiée à Szigeti, cette sonate hommage au style savant de cet interprète, ainsi qu’à Bach dont elles empruntent la structure : prélude lent – fugue rapide – danse lente – danse rapide.

 

 

La Sonate pour violon et piano en mi mineur de Ferrucio Dante Michelangelo Benvenuto Busoni applique le principe de transformation d'une cellule poussée à l'extrême, le principe cyclique. « La musique, du bruit qui pense » aurait dit Victor Hugo en l’écoutant (les Djinns).  Le thème générateur se mue dans d'innombrables paysages musicaux, se forme dans l'introduction, grâce au contrepoint - rendu romantique –, puis évolue en une pâte, un magma musical en ébullition. Simplicité et éloquence toute poétique du matériel. Busoni fournit une quantité innombrable de visages et d'humeurs à son contrepoint et à sa construction : lugubre, serein, errant, joyeux… sans pour autant verser dans la complexité inutile, sans nous faire perdre la perception des parties et du tout. Il dresse ainsi une fresque imposante par sa variété, fortement imprégnée d'une réflexion profonde qui alterne avec la vivacité la plus pure. Il considérait cette sonate comme sa première véritable œuvre. Sa forme se calque sur la sonate pour piano op. 109 de Beethoven qui lui rend hommage et le troisième mouvement, en thème et variations, se base sur un choral de Bach.