FEST'INVENTIO 2016 : TRANSATLANTIQUE

Tournée Boston, Paris et IDF
Solo, duo, trio à  cordes et quatuor avec piano

Oeuvres classiques et découverte jeunes compositeurs

Commentaires avant interprétation des oeuvres 

Sous le parrainage d'Alexis Galpérine - Direction artistique : Léo Marillier

soutien amical du Entrepreunarial Musicianship Department   (New England Conservatory)

et de la Fondation des Etats-Unis

Plus de 600 auditeurs 

Invités : Léo Marillier violon, Charlotte Malin alto, Joey Gotoff violoncelle, Sarah SoyoungYang piano,

Création d'oeuvres de Cody Forrest, Ari Sussmann, Robert Burdick


Chers amis et compagnons de voyage,

 

La musique n'est jamais vraiment racontable :  Nous, interprètes, devons paver l'oeuvre de mots, la délimiter afin d'en saisir l'interprétation avant de la jouer sur scène. Nous arrivons également à parler d'une oeuvre avant de l'entendre, de la jouer. Nous arrivons tous à en parler après coup, à réaliser (c'est-à-dire actualiser le fait passé) l'ampleur et la beauté d'une œuvre. Mais une chose ne peut être dite : c'est le faire. La qualité toute évanescente de l'acte qui rend inutile tout discours, c'est là, la force ténue de la musique. On m'a demandé cependant, en tant que directeur artistique, de vous partager nos impressions d'interprètes. Je me prête d'autant plus volontiers à l'exercice que Fest'inventio 2016  : Transatlantique a représenté une expérience merveilleuse, une sorte d'aboutissement après trois années fructueuses passées à Boston dont ce partage musical du 28 mai au 12 juin est le plus beau fruit à ce jour.  Après cette traversée musicale, nos sens à tous quatre sont encore épris de ce voyage entrepris avec vous et restent lumineux et liminaux de journées en fusion... Que choisir de vous dire ? 

Si les variations Goldberg, par leurs dimensions grandioses et leurs expressions volatiles montrent cette capacité de changement, de flux émotionnel, le Quatuor avec piano de Chausson offre au contraire l'unisson des voix, la fission des timbres, le prisme par lequel les "je" deviennent "nous". Ces deux oeuvres ont auprès de nous, musiciens, aussitôt fait figure de chevaux de bataille, de colonnes de notre répertoire, par leur vision du monde et leur structure. Cependant, les autres œuvres aussi ont requis une attaque précise du son, exigé une connaissance parfaite de nos capacités individuelles et d'ensemble. Le trio de Norman nous a fascinés par sa force d'imagination, tantôt poétique, tantôt opulente. Le Quatuor avec piano de Mozart, œuvre richissime, nous a fait faire en répétition de grandes digressions verbales sur la nature des silences. Et le trio à cordes de Beethoven requérait chez nous une densité de son rare, une limpidité presque forcenée au regard de la frivolité et de la facilité dites classiques. Les oeuvres en solo nous ont pourvu de bonnes occasions de trouver en soi ce que notre recherche collective apportait l'un à l'autre. Combiner les oeuvres "canoniques" avec des oeuvres modernes et oeuvres contemporaines de Cody Forrest et Robert Burdick, a permis un éclairage mutuel.

Chacun de mes compagnons possédant une force mentale et spirituelle rare, nous avons pu nous soutenir mutuellement : que cela advint en répétition ou dans la journée, une baisse d'attention ou d'énergie s'est vue toujours annulée par l'apport des autres. C'est la force même de la musique de chambre  : cette intimité qui permet d'offrir de l'énergie, toujours, créant un flux d'idées, de concepts qui court sur toute la partition.

 

Votre curiosité et respect vis-à-vis des oeuvres réputées difficiles ou sortant des sentiers battus nous ont marqués. Une chose m'a particulièrement touché : lors du premier concert des variations Goldberg, quelqu'un dans l'auditoire finit chaque variation en poussant un soupir d'éveil, à chaque fois renouvelé - l'immanence du sentiment propre à chaque variation fut conjuguée à la réitération de ce signe de béatitude. Ce signe du corps fut pour nous, musiciens, aussi beau et touchant que la musique que nous jouions.

Votre support constant, et surtout immédiat, de vos impressions - heureusement positives ! - nous ont confirmé la réalité de notre action auprès de la musique et la beauté de notre vie. Après les concerts, entendre ou lire vos mots surgis du cœur, quel magnifique cadeau... Merci.

 

 

Léo Marillier, le 15 juin 2016


Cody Forrest, Léo Marillier, SoYoung Sarah Yang, Charlotte Malin, Joseph Gotoff

"On vous suivait  pas à pas, avec cette angoisse haletante et heureuse à la fois que donnent certains chefs d'oeuvre de l'écran qui vous font frissonner dans le noir. .." suite...

"Un juste équilibre rendait l'exécution admirable. Penser que la musique française est  servie avec tant de vérité par de jeunes américains ne laisse pas indifférent. Preuve est faite que la musique rapproche les êtres." suite...