Projet I-Sol-La à Tana

"Je rencontrai José Bronfman, fondateur et Président du Madagascar Mozarteum, à l’initiative du projet d’école de musique de ce quartier de la périphérie de Tananarive, mélomane averti et utopiste éclairé qui depuis dix ans suscite et renouvelle l’engouement pour la musique classique grâce à ses Concerts Classiques de Midi à l’Auditorium de l’Institut Français.  Acteur humaniste, on lui doit aussi une initiative expérimentale : faire venir la musique au cœur d’un des quartiers les plus pauvres de la capitale, expérience qui, elle, date d’une année environ. C’était à la sortie d’un concert que je donnais en juin 2017 à Paris que je le rencontrai et je ne savais pas alors que cette rencontre serait décisive dans ma vocation de musicien. En effet, je ne savais pas que je serais à ce point touché, bouleversé par cette expérience pédagogique. J’acceptai avec plaisir l’invitation de Monsieur Bronfman pour venir donner un concert à Madagascar. Et de fil en aiguille au cours de la préparation de ma venue, je décidai d’enseigner pendant mon séjour auprès d’une cinquantaine d’enfants issus d’un des quartiers pauvres de la ville, zone-bidonvilles sans eau, et avec accès limité à l’électricité. Cette école de musique, cet « ilôt » culturel protège les enfants de la violence, de la tentation de la délinquance ou de la mendicité, seules issues possibles dans cet univers sans espoir. La musique joue un véritable rôle d'inclusion sociale.  A travers l’apprentissage de la musique et du violon en particulier, il s’agit donc de favoriser également le développement social, éducatif, civique et matériel des enfants."                                            Léo Marillier, décembre 2018

 

 

Masterclasses auprès d'étudiants avancés

Cours violon école d'Andohatapenaka

Pour que de « talentueux »,

ces enfants ne soient pas « talents tués »…


Madagascar intéresse peu car la misère et le dénuement routiniers ne font pas « événement ». Le souvenir de l’épidémie de peste est encore présent dans nos esprits sans que je développe mais en-dehors de cet « événement », Madagascar suscite beaucoup d’indifférence dans les médias (avant-dernier pays avant l’Ouganda je crois pour que ce qui est de l’ « intérêt » médiatique) malgré une misère matérielle et culturelle endémiques.  La Grande Ile se caractérise par une triste caractéristique : si éloignée géographiquement de toute terre, son appartenance à un continent a longtemps fait débat et cet isolement est sans nul doute à l’origine de nombre de problèmes notamment en matière d’éducation…  Et pourtant 42% de la population a moins de 15 ans.  Loin de son image de paradis tropical, Madagascar est un pays où la réalisation des droits de l’enfant reste lacunaire. Le pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté a explosé, passant de 75,3% en 2010 à 81% en 2012, pour atteindre actuellement 92%, soit 9 Malgaches sur 10 : C’est dans ce contexte que les enfants malgaches et leurs familles doivent vivre ou plutôt survivre. Sur la base de cet indicateur, Madagascar est aujourd’hui le pays le plus pauvre du monde. Cette dégradation socio-économique met les enfants en situation de privation critique et viole leurs droits fondamentaux, à travers le manque d’accès à la nourriture, à l’éducation et aux soins. Salaire moyen mensuel à Tananarive : 43 €, ce qui exclut toute perspective de pouvoir un jour pour la majorité des malgaches musiciens (alors que les talents sont là !) d’aller se former dans un conservatoire de haut niveau sur le continent.